Entrevue avec Mort Rose: Nés pour aimer


Quelle importance tient le terme de l'amour dans vos vies?

Nous sommes tous les quatre très proches de nos sentiments et sensibles au monde qui nous entourent. Des naturels amoureux, des gars qui s’émerveillent encore sur les petites choses et qui accordent de l’importance aux détails que le commun des mortels néglige, par faute de temps ou simplement par lassitude. Dans la vie de tous les jours, l’amour qui nous habite en tant qu’individus se reflètent par beaucoup d’intégrité, d’impulsivité, de maturité et de stupidité (surtout quand nous sommes les quatre ensemble).

Qu'est-ce qui vous pousse autant à composer des chansons bâties sur les nuances de l'amour?


Nous ne nous sentons nullement poussés à composer des chansons bâties sur les nuances de l’amour. L’amour est à la base de la vie et occupe celle de chaque être humain de diverses façons. La présence ou l’absence d’amour engendre tellement de conséquences sur un individu que pour nous il est naturel de partager notre sensibilité quant à l’impact que l’amour puisse avoir, au travers de nos chansons.


L'ensemble de cordes est bien entendu dès le début de l'album avec Bonjour. Quelle est l'inspiration qui vous a amené à expérimenter dans cette direction artistique? Notre premier EP était plus garage, plus crotté, un peu comme nous à cette époque. Pour l’album, on voulait faire quelque chose de plus mature avec plus de moyens, plus de connaissances et plus d’ambition. On s’est mis à vraiment tripper sur les Beach Boys, particulièrement leur époque 65-72, où les arrangements sont magnifiques. C’était comme un rêve, un peu illusoire à la base, de vouloir reproduire cette ampleur. De base, on voulait faire ça plus sobre, mais on a rapidement constaté que ça ne servait à rien de faire les choses à moitié. Oui, il y a des cordes et il y a des cuivres, mais il y aussi beaucoup de percussions, des clavecins, des orgues, des timbales, du glockenspiel. On s’est donné le défi de le faire, un peu pour se prouver qu’on était capables. On a beaucoup grandi en tant qu’humains et en tant que band en faisant cet album.

Nés pour aimer amènent ses fans dans le tourbillon de vie et explore le fait de tomber en amour, le sexe, la relation telle qu'elle est et la peine d’amour. Avez-vous une chanson dont vous avez hésité à écrire ou mettre sur l'album? (reliée à une valeur sentimentale ou une trop grande importance pour partager - quelle chanson?) Je dirais pas de l’hésitation, mais plutôt des craintes qui se sont parfois transformées en anxiété. Ce qui est sur cet album-là, c’est de la pure authenticité; que de vrais sentiments vécus pour vrai, dans la vraie vie. Prends Petit matin triste par exemple, c’est une chanson remplie d’émotions : de l’amour, de la tristesse, de la détresse, etc. Elle parle d’un moment de ma vie où j’étais extrêmement fragile. Je crois que plus une chanson est fragile et plus ça fait peur de la sortir. Mais c’est justement ce qui fait la force d’un texte; quand tu peux « feel » le backstory, que tu peux sentir les mots.

Étiez-vous présent/impliqué pour l'aspect production de l'album? Est-ce qu’être présent et entrevoir la direction artistique durant tout le processus de création pour bien exécuter vos idées est quelque chose que vous prenez à coeur? Nous étions extrêmement impliqués du début à la fin! C’est très important pour le groupe de faire quelque chose qui nous ressemble, quelque chose d’honnête, d’intègre et de satisfaisant. Tout se doit d’être une décision collective. Nous étions présents lors de toutes les sessions d’enregistrement, et avons même joué une panoplie d’instruments que nous ne maitrisions pas, parce que c’était important de le faire. Et même ce que nous n’avons pas joué, nous l’avons supervisé, dirigé. C’est pour ça aussi que, même si les chansons sont toutes un peu différentes, l’esprit du groupe est respecté et le résultat est cohérent.

Trois chansons on particulièrement a attiré mon attention. Pour chacune, avez-vous des anecdotes reliées à l'histoire que les chansons racontent ou la création? Coeur de miel, Avec un grand A et Chanson honnête. De plus, dans Coeur de miel les cloches qui sous-entend un mariage, les paroles et instruments qui sonnent un peu comme un monde de fantaisie…comment est-ce que tout ça c’est fusionné ensemble? La ligne “t’aurait voulu que je sois musicien” dans Chanson honnête va surement bien résonner avec les gens…pouvez-vous élaborer sur le texte?

Cœur de miel, c’est vraiment une ode à l’amour pur et dur. À la base, c’est aussi le nom du chat de notre réalisateur Benoît Parent. Sur cette pièce, on est parti d’un drum machine et d’une guitare acoustique et on les a laissé nous parler. Il faut dire qu’on a eu la chance d’être en studio pendant 3 semaines d’affilée. Ce luxe, ça permet de prendre le temps d’écouter, d’essayer des trucs et c’est ce qu’on a fait. On a dû passer une journée complète à ajouter des minis-détails un peu partout sur la chanson et à un moment, on a écouté ça pi on a fait : «Wow!». Après ça, on l’a envoyé à Philippe B pour qu’il fasse les arrangements, par-dessus ce qu’on avait déjà fait. Il a ajouté les strings, les « percs » et les flutes ! Musicalement, c’est pas mal un « band favorite ».

Mark dit toujours qu’en 2080, tout le monde va la proclamer pour son coup de tom à la fin. Avec un grand A, c’est la chanson qui exprime le mieux le message de Mort Rose. C’est aussi le nom d’une émission de télé des années 80 animée par Janette Bertrand. Au début, c’était supposé être le titre de l’album, mais ladite animatrice et son équipe nous ont gentiment envoyés pour une petite promenade lorsque nous les avons contactées.

On a toujours dit qu’on utilisait l’humour comme vecteur de message et je trouve que Chanson honnête démontre bien le degré de Mort Rose. Dans ce texte-là, il y a plein de détours volontaires pour dire des affaires hypers simples et ça me fait ben rire : «j'avais jamais été, j’avais jamais été vraiment, j’avais jamais été vraiment content, ça c’était avant de te rencontrer, maintenant je suis tout le temps content» Comme dans la vie, un peu par maladresse, tu prends parfois plein de détours pour exprimer tes sentiments. L’idée de cette chanson honnête réside beaucoup dans cette forme qui élève le propos à un autre niveau. Quand arrive la phrase : «T’aurais voulu que je sois musicien, ça tombe bien, ça tombe crissement bien» c’est le dénouement de l’histoire, l’explosion de satisfaction. Au moment où tu pensais que ça allait allez mal à cause de la formulation, «ah ben non» tout est parfait finalement. Party!


Autres pensés à propos de votre premier album et des choses à venir? Notre album aujourd'hui, nos lancements à Montréal le 14 février, Québec le 15 février et à Gatineau le 22 février à Gatineau. Pi ben du love, ben du fun.

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